M’incendier

Je suis née en silence pour provoquer ma mère. Taire mes cris à pleurer, avoir le dernier mot. Puis plus tard, rayer des passages.
En grandissant, on garde certaines habitudes, j’ai celle de la provocation.

Pour provoquer la mer et ses remous.
Pour renaître, provoquer ta colère
Et la fulgurance du premier souffle.
Pour renaître: supplier les regards, quémander tes cries, brûler ton incendie.

M’incendier.

M’incendier parce que tu m’écoutes pas. Incinérer ton corps parce que tu m’écoutes pas. Heille chui là, j’te parle. Je te parle de mes brûlures en attendant que l’hiver fonde ses derniers instants.

Il est loin le dégel de ton cœur en pergélisol.

Je n’entends plus les sirènes de l’amour brûlant.
Je n’entend surtout pas l’alarme des souvenirs enfumés.

Il est loin le dégel de ton cœur en pergélisol.

Pour renaître, provoquer ta colère
Et la fulgurance du premier souffle.
Pour renaître: supplier les regards, quémander tes cries, brûler ton incendie.

Pour renaître, faire «rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux». Provoquer «des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril».

Ça c’est pas de moi, je l’ai volé. Comme je volerai ton indifférence.

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Une réflexion sur “M’incendier

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