J’accoure

Comme j’aimerais me souvenir de toi au lendemain des cieux
quand les éclats des murmures aux matins réveillent.

Comme j’aimerais marcher dans tes pas de deux.
M’endormir quand tu dors et rire quand tu ris.

Mais moi, j’accoure.
J’accoure pour te rattraper.
Non. Moi j’accoure.
J’accoure pour te devancer.

Comme j’aimerais me souvenir de toi aux rappels des yeux.
Aux draps de nos peaux et muses ailleurs.

Comme j’aimerais me mentir de toi, mais les nus rigolent.
Leurs ongles, leurs crocs et muses aïeules.

Les nus ont pâturé mon corps.

Alors moi, j’accoure.
J’accoure pour me devancer.
Non. Moi j’accoure pour replanter sur mon corps
des fourrages clairs pour t’y coucher.