Réveil électoral

Ma montre est tombée de mon chevet. Elle s’est cassée et a arrêté le temps. Comme dans un mauvais polar.

Ça dit l’heure de ma mort.

Ça d’l’air que le printemps est fâché. Il arrête pas de venter. Je comprends. Quand t’es prisonnier dans la glace depuis trop longtemps. Quand t’as trop froid dans le cœur. Quand t’es ignoré sans consentement, tu finis un lundi minuit par te réveiller. Par pleuvoir, par venter.

Par gueuler que c’est peut-être pas toujours de ta faute. Regardez!

Je sais que je fais des métaphores saisonnières, c’est pas très original, mais bon. Que l’hiver dure vingt ans, que ceux qui ont déjà tout vu vous dise de rentrer, de vous grouiller parce que l’émission recommence à la TV, d’aller vous coucher, y’en aura toujours un pareil.
J’ai peut-être l’air folle toute seule dehors, au grand vent. Mais en attendant, je pelte la neige pour la mettre dans la rue. Je sèche-cheveux la neige. Je mets mes souliers, j’enlève mon manteau. En attendant, je fais semblant qu’il fait chaud. Pour pas rentrer me coucher.

Anyway, c’est pas parce qu’une montre se brise dans une chambre sur Ontario que toutes les horloges cessent de tourner.

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Mourir. Bande de caves.

Bonjour. J’aimerais ça aller me promener dans l’bois avec la neige qui craque sous les pieds «siouplait». Krik krak krok : des Rice Krispies sous mes souliers dans le gros bol de lait qu’est l’hiver tsé.

Quand on fait des métaphores avec des céréales, c’est qu’il est temps de se ventiler la tête avec du vrai vent. Pas le vieux vent usagé de Montréal qui arrive pas à sortir d’entre les rangées de building, pis qui tourne, pis qui se retourne, pis qui arrive pas à dormir. Non. Le jeune vent du bois des lacs en plein milieu. En plein milieu du lac. T’es pas Jésus, c’est juste glacé.

T’es peut-être pas Jésus, mais ça te donne des impressions de nuages, c’est trop blanc beaucoup, pis tu t’entends trop respirer. Ça te rappelle que tu vis pour vrai. Pas pour de faux.

J’l’écrirai peut-être pas dans le ciment d’un théâtre à Québec, mais c’est quand même un peu con de se prendre pour Jésus, pis de s’écouter respirer pour se rappeler de vivre.

Maladie météo

Fack c’est ça. Jugez pas là. Je sais que c’est facile à écrire. Pas besoin d’être écrivain. Pas besoin de l’écrire vingt fois non plus. Ça se parle quand tu n’as rien d’autre à dire ces affaires-là. De bord en bord d’une haie de cèdres. En attendant l’autobus. Durant les soupers de famille.

Pour combler mon silence.

Ça reste que j’ai regardé météomédia. Pis là, il y a mon corps qui se reperd sans repaires à se regagner. Je ne parle pas de romance là. Je parle du mal des saisons qui me prend à tous les 8h du matin dans mon bureau sans fenêtres, à toutes les heures inutiles.
Ça devient lourd sous mes sourcils pour le dire autrement. Comme une relation coup de poing qui blêmit ma peau du visage.
Non non, je ne suis pas blessée monsieur le docteur.
Non non je ne suis pas Blanche-neige monsieur le conteur.
Non non, j’suis juste blêmie. Comme un trop plein d’émoi.

Comme un trop plein d’émoi.

Quand le froid me traverse plus que tout ce que tu m’as fait traverser, c’est pas beau dire. C’est la maladie météo.